Les animaux, Dieu et nous

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Quelle est la place des animaux dans les diverses cultures de l’humanité et quelles sont leurs relations à l’être humain et au divin? C’est à ces questions qu’est consacrée la nouvelle édition du Calendrier des religions (éditions Agora). Couvrant la période de septembre 2022 à décembre 2023, il propose un regard à la fois anthropologique, historique et iconographique qui documente et questionne nos rapports au monde animal. Avec des textes de spécialistes, agrémentés de belles photographies et œuvre d’art.

La relation entre l’animal et le sacré est présente dans la plupart des traditions religieuses à travers des mythes, des symboles et des pratiques rituelles. Une proximité multimillénaire et chargée de sens, ainsi qu’en témoignent les peintures rupestres préhistoriques. Des animaux peuvent être divinisés, tel le taureau Apis de l’Égypte des pharaons ou l’Oiseau-Tonnerre chez les Amérindiens. D’autres peuvent être des modèles de vie spirituelle, telles les tortues dont les taoïstes chinois s’inspirent pour maîtriser leur souffle en méditant. Dans le christianisme, des saints mystiques comme François d’Assise, Serge de Radonège ou Séraphin de Sarov vivaient en compagnonnage fraternel avec des bêtes sauvages.

Si la plupart des religions prônent une réelle sollicitude à l’égard des animaux, cet idéal n’a pas toujours été respecté ou mis en œuvre. Il a fortement été mis à mal par la modernité occidentale qui, avec Descartes, a réduit l’animal à une machine. Comme le montre l’écothéologien Michel Maxime Egger dans les pages consacrées aux Églises orthodoxes et orientales, l’ambivalence de la tradition biblique n’est pas étrangère à cette domination de l’être humain sur le reste du vivant. Si dans le jardin d’Eden et l’arche de Noé, le régime alimentaire était végétarien pour toutes les créatures, il n’en va plus de même après le déluge. Prenant acte de leur violence et propension au mal, Dieu permet aux humains non seulement de soumettre les animaux, mais d’être pour eux une source «de crainte et d’effroi». Cela se traduit par le droit de les tuer pour les manger. Avec une limite cependant: ne pas consommer le sang, qui est le signe de la vie.

Le Calendrier des religions est complété par un site internet d’une grande richesse, accessible sur ordinateur, tablette ou smartphone avec un code personnel figurant au dos de la publication. On y trouve notamment les dates de toutes les fêtes, les textes et photos des précédents thèmes du calendrier (fêtes, rites de passage, pèlerinages, musiques, architecture, objets du sacré, eau et feu, écologie et spiritualité, prière et méditation, célébrations, corps, fleuves, montagnes…) ainsi que des ressources destinées au corps enseignant, aux élèves et à toute personne intéressée (documentaires «vidéo», reportages «audio», cartes, etc.).

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À méditer…

Il n’est pas possible de vivre éternellement en dehors de la patrie, et la patrie, ce n’est pas seulement un coin de la terre ; c’est aussi un ensemble de cœurs humains qui recherchent et ressentent la même chose. Voilà la patrie, où l’on se sent vraiment chez soi.
— Vincent Van Gogh

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