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Espérer contre tout espoir

Aquarelle de Nadine Keim

Chères et chers Ami·e·s, proches et lointain·e·s,

«L’humanité va approcher d’un point vertigineux où elle aura à faire un choix radical entre la métastrophe et la catastrophe, la mutation des consciences et le suicide cosmique.» Voilà ce que me disait le philosophe Jean Guitton il y a 34 ans, dans un entretien reproduit sur Trilogies. Nous n’approchons plus seulement de ce point, mais nous y sommes. En plein dedans. Le «choix radical» que nous avons à opérer est entre la Vie et la mort. Il passe par une métamorphose profonde de nos manières d’être, de vivre, de voir, de penser et d’habiter la Terre. Une forme de Pâques, au plan tant individuel que collectif.

L’espérance est ce qui donne le désir, l’élan et la force de cette métanoïa. A l’inverse de l’espoir, elle ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Elle n’est pas attente, mais action. Pas projection dans un futur hypothétique, mais engagement ici et maintenant. Elle n’est pas de l’ordre de la volonté, mais une grâce à accueillir dans l’ouverture au mystère sacré du plus grand que soi. Comme le disait le dissident Vaclav Havel, «elle n’est pas la certitude que tout ira mieux demain, mais la conviction que ce que je fais a du sens».

Trilogies est tout entière dédiée à cette «métastrophe» dynamisée par l’espérance. Vous en trouverez des expressions multiples dans les nombreux articles de natures diverses mis en ligne ces derniers mois. Des textes, vidéos et podcasts sur l’écospiritualité, l’écoféminisme et l’écopsychologie, mais aussi des coups de cœur, des portraits de cinéastes et des nouveaux ouvrages inspirants comme Voyager, raconter de Nicolas Bouvier, qui reprend deux entretiens que j’avais réalisés avec lui, et La Sourcière de Dieu qu’Elisha Papillon m’a demandé de préfacer.

Parmi les événements, dans la mesure où ils se déroulent sur plusieurs jours voire plusieurs mois, je me permets d’attirer votre attention sur les parcours de (trans)formation de la personne méditante-militante et de praticien·ne en écopsychologie, ainsi que sur les sessions «Voix de le Terre, voix humaine» (Centre Assise, près de Paris, début juillet) et «Retrouver notre unité avec le Divin et le Vivant» (Cimes & Racines, près de Louvain-la-Neuve, fin juillet).

Je vous remercie d’être là. Prenez bien soin de vous, de vos proches et du vivant, et n’hésitez pas à diffuser cette infolettre autour de vous. Je me réjouis de vous revoir ou rencontrer ici et ailleurs, en particulier lors des événements à venir.

Avec le cœur

Michel Maxime

https://www.instagram.com/michelmaxime_egger/
https://www.facebook.com/eggermm

Livres

Couverture de 'Nicolas Bouvier: Voyager, raconter'

Nicolas Bouvier: Voyager, raconter

La force d’une interview bien menée, c’est de permettre à l’auteur d’aller à l’essentiel et au lecteur de prendre des raccourcis pour découvrir la substantifique moëlle d’une vie et d’une œuvre. Qui plus est, avec un réel délice quand il s’agit d’un conteur né comme Nicolas Bouvier, connu pour la verve et la puissance de sa parole, tout en nuances, précision et formules éclatantes. C’est précisément ce que nous offre Voyager, raconter (Editions Héros-Limite), recueil de vingt-quatre entretiens accordés par le voyageur-écrivain à la presse écrite, principalement suisse-romande, entre 1973 et 1997. Parmi eux, deux conversations que j’ai eu le privilège et le bonheur de mener sur le voyage comme recherche de moments d’illuminations et l’«exotisme» à l’heure de la prolifération des images… Petit florilège de perles glanées au fil des pages, en guise d’amuse-bouches et de condensés de sa vision du monde.

Nicolas Bouvier: Voyager, raconter

Entretiens 1973-1997

Editions Héros-Limite

ISBN 978-2-88955-118-7


Couverture de 'Elisha Papillon: La sourcière de Dieu'

Elisha Papillon: La sourcière de Dieu

Il manquait à l’écospiritualité un roman pour en traduire, de manière sensible et poétique, les principales idées et intuitions. La sourcière de Dieu d’Elisha Papillon nous l’offre. Avec une écriture élégante et charnelle, chatoyante et cristalline, portée par un grand souffle de vie. Nous sommes au début du XVIIe siècle, une époque-charnière où fleurissent les racines culturelles et spirituelles du désenchantement du monde à l’origine du système de dominations qui dévaste la planète par sa démesure. On y suit les chemins initiatiques de Justine et de Gervais qui incarnent les mutations du cœur et de la conscience nécessaires pour opérer le changement de paradigme auquel la Terre nous appelle. Elisha m’a gentiment demandé une préface pour éclairer le contexte et les enjeux de son roman.

Elisha Papillon: La sourcière de Dieu

Palamas

978-2-488010-09-2


Couverture de 'Gaïa et Dieu.e'

Gaïa et Dieu.e

Dépasser l’oppression conjointe des femmes et de la nature en inscrivant cette lutte dans la foi chrétienne n’est pas impossible. Gaïa et Dieu.e explore cette rencontre entre l’écoféminisme et le christianisme à travers les réflexions visionnaires de grandes théologiennes d’horizons divers, comme Rosemary Radford Ruether, Sally McFague et Ivone Gebara. Les textes de cette anthologie, inédite en langue française, ouvrent de nouvelles voies critiques et créatives pour penser le divin et la nature à partir de l’expérience des femmes. Une manière de nourrir des engagements pour la libération et la justice, étendues à l’ensemble du vivant. Un ouvrage essentiel pour réinventer la tradition chrétienne à l’ère de l’urgence écologique et des combats féministes.

Gaïa et Dieu.e

Un écoféminisme chrétien est possible

Editions de l'Atelier

9782708247901


Événements

Voix de la Terre, voix humaines

01.07.2026 – Saint Gervais

Cheminer entre gratitude et espérance. Se mettre à l’écoute de la Terre, de ses chants, de ses cris et de ses murmures en résonance avec les Ecritures. Entendre ce qu’elle a à nous dire de sa beauté et de sa sagesse, mais aussi de ses souffrances. Exprimer par le chant et la danse les émotions et sentiments que cela génère en nous, notre gratitude et notre émerveillement, mais aussi notre compassion.


Retrouver notre unité avec le Divin et le Vivant

23.07.2026 – Ottignies-Louvain-la-Neuve (Belgique)

Il n'y aura pas de véritable transition écospirituelle sans une réconciliation profonde avec la Terre et sans nous ouvrir au mystère sacré du plus grand que soi. Comment retrouver notre juste place dans la toile du Vivant? Comment apprendre à cohabiter en paix avec tous les habitants de notre planète, humains et autres qu’humains? Des questions, parmi d’autres, que nous explorerons durant cette retraite écospirituelle et qui participent d’une mutation intérieure aux plans individuel et collectif.


Devenir praticien·ne en écopsychologie

01.09.2026 – En ligne et en présentiel

La formation «Devenir praticien·ne en écopsychologie» revient en 2026-2027 pour sa cinquième édition. Entre stages saisonniers en présentiel dans des lieux inspirants, visioconférences avec une quinzaine d’intervenant·es, supervisions et codéveloppement de projet, un parcours pour expérimenter avec d’autres l'écopsychologie et se relier plus profondément au Vivant. Un corpus de 11 modules, dont l’un sur l’écospiritualité, visant à acquérir des compétences pour comprendre et mettre en œuvre les nécessaires changements de paradigmes sociétaux et individuels, acquérir une posture plus engagée, subversive et compatissante au service de la Terre, faciliter des écopratiques en lien notamment avec la traversée des troubles de santé mentale générés par les dégradations écologiques.


Devenir une personne méditante-militante

05.09.2026 – Le Grand-Saconnex (Genève)

À travers des sessions en présentiel et un cheminement personnel d’intégration et d’accompagnement entre les rencontres, un parcours de (trans)formation pour contribuer à la grande transition vers un monde plus juste, solidaire et durable au sens fort. Cela, à travers l’émergence de personnes méditantes-militantes ayant identifié leur mission de vie et clarifié leur désir d’engagement, développé leurs ressources intérieures et acquis des outils pour les mettre en œuvre et les transmettre à d’autres.


Paroles

Jean Guitton: Espérer contre tout espoir

Jean Guitton a été l’un des derniers grands philosophes chrétiens du XXe siècle. Il y a plus de trente ans, à passé 91 ans, il nous donnait dans un entretien une éblouissante leçon de jeunesse et d’espérance. Avec cependant la conscience aiguë d’une profonde mutation en cours. Sa parole, prophétique, est plus que jamais d’actualité aux plans tant écosystémique que géopolitique. Nous sommes en effet arrivés à un point de bascule. Il nous revient, individuellement et collectivement, à choisir entre la mutation des consciences et le suicide cosmique. Autrement dit, entre la Vie et la mort.


Ecoféminisme chrétien, un oxymore?

L’écoféminisme est un courant de pensée en expansion, dont une part recèle une forte composante spirituelle, en particulier de tendance néopaïenne. S’il est souvent critique du christianisme, il existe aussi un écoféminisme chrétien. Sa réflexion porte, entre autres, sur la représentation du divin et la critique d’un langage religieux trop masculin. Les propositions, qui peuvent apparaître comme provocatrices, méritent d’être entendues et débattues. L’écoféminisme chrétien peut renouveler la réflexion théologique. Présentation synthétique de ses contenus et de ses enjeux.


Retrouver notre unité avec la Terre: les voies de l’écopsychologie

Emergence dans un temps d’urgence écologique et climatique, l’écopsychologie se veut une contribution à la grande transition. Elle constitue une constellation de théoricien.nes et de praticien.nes, qui s’est surtout développée jusqu’ici dans le monde anglo-saxon. La conviction qui la sous-tend est que, du fait de l’inséparabilité et de l’interdépendance entre la nature et l’être humain, on ne pourra pas restaurer la santé de la première sans restaurer celle du second, et inversement. On peut décliner les implications de ce postulat en différents moments: psychologique, historico-critique, cosmo-anthropologique et écopratique. Une approche holistique, transdisciplinaire et engagée qui offre un chemin fécond d’empowerment et de reliance profonde à soi, aux autres et au vivant.


Qu’est-ce que l’écospiritualité?

L’écologie a fini par se faire une place dans le paysage de la foi chrétienne, comme une fleur venue d’ailleurs. Pour fructifier, ces questions nouvelles ont à s’enraciner davantage dans la vie spirituelle de chacun. C’est la vocation de l’écospiritualité, lieu carrefour en pleine efflorescence qui constitue un espace transformateur à la fois de recherche, d’expérience et de militance pour la transition écologique. Cet article sur les formes et les enjeux de l’écospiritualité inaugure la rubrique «Écologie et spiritualité» de Christus, qui s’attachera chaque trimestre à en montrer la richesse et la profondeur.


Bloc-notes

Robert Redford: Tout n’est pas perdu

Récit de la lutte pour la survie d’un naufragé en plein océan incarné par Robert Redford (1936-2025), All is lost (Seul en mer) est en réalité une fable pascale. L’histoire d’un parcours initiatique qui célèbre le courage de l’humain, mais plus encore l’acceptation de sa fragilité et le lâcher-prise comme source d’union au cosmos et au divin. Au bout de l’enfer, la résurrection. Un film emblématique de Robert Redford et de son engagement – existentiel et cinématographique – pour le Vivant.


Chemins

Résonances audio-visuelles

Emissions TV et radio, podcasts, vidéos, documentaires, reportages, conférences et débats enregistrés… Une sélection des interventions de Michel Maxime Egger, disséminées en partie dans les articles publiés sur Trilogies.


Inspirations

Couverture de 'Glaciers sous toiles:  la beauté du diable'

Glaciers sous toiles: la beauté du diable

Depuis le début des années 2000, afin de freiner leur disparition et – plus encore – de préserver le tourisme hivernal, des surfaces de glaciers alpins ont été recouvertes de bâches géothermiques. Peu documenté jusqu’ici, ce phénomène fascinant fait l’objet d’un beau livre qui regroupe une centaine de photographies de 25 artistes suisses et internationaux, accompagnées d’un étude écosophique détaillée de Nathalie Dietschy. La professeure d’histoire de l’art à l’Université de Lausanne en décrypte et déplie les différents niveaux de sens. Elle éclaire savamment et avec acuité les tensions éthiques et esthétiques générées par cette pratique et sa traduction en images. Un révélateur de nos rapports complexes à la nature et à l’art.


Couverture de 'Edward Yang: Yi Yi'

Edward Yang: Yi Yi

Prix de la mise en scène au festival de Cannes en 2000, Yi Yi nous plonge dans la simplicité de la vie et la complexité du monde. Avec quelques questions-clés: pourquoi avons-nous peur des premières fois? La vie nous offre-t-elle des secondes chances? Pourquoi ne connaît-on que la moitié de la vérité? Signé Edward Yang, ce petit bijou est bouleversant de justesse et d’humanité sensible. Plein de cet art incomparable de dire les choses les plus essentielles à travers les réalités les plus quotidiennes. Débordant aussi de cette capacité à donner à chaque plan un deuxième ou troisième niveau de signification, éminemment symbolique. Evocation à l’occasion de sa ressortie pour la première fois en Blu-ray dans une magnifique restauration 4K.


Couverture de 'Aurélie Choné: Jung et la nature'

Aurélie Choné: Jung et la nature

La nature a joué un rôle très important dans la vie et la pensée de Carl Gustav Jung. Elle apparaît, de manière transversale et arborescente, à de nombreux endroits de son œuvre. Nourrie par la fréquentation d’autres cultures, l’approche du psychanalyste se révèle d’une grande actualité et fécondité pour répondre en profondeur aux défis écologiques. Par son exploration des interrelations intimes entre le vivant et la psyché humaine, elle constitue une source d’inspiration pour l’écopsychologie. Il manquait un ouvrage en français pour appréhender la richesse et la pertinence de l’apport du psychiatre suisse en ce temps de bouleversements écosystémiques. Le livre d’Aurélie Choné, Jung et la nature. Vers une écologie de l’âme (Labor et Fides, 2025) comble cette lacune de belle manière.


Couverture de 'Dominique de Rivaz: Un selfie avec Anton Tchekhov'

Dominique de Rivaz: Un selfie avec Anton Tchekhov

«Ceux qui vivront dans cent ans, dans deux cents ans après nous, pour qui nous frayons maintenant le chemin, est-ce qu’ils s’en souviendront, est-ce qu’ils auront seulement un mot gentil pour nous?», se demande Anton Tchekhov (1860-1904) à travers l’un des personnages d’Oncle Vania. La cinéaste suisse Dominique de Rivaz lui répond directement et positivement par une évocation touchante en forme d’essai cinématographique très personnel. Un petit joyau finement ciselé qui redonne vie au grand écrivain russe en racontant sa mort. Et nous interroge sur notre finitude, le sens de notre existence et l’essence de l’humanité. A (re)découvrir grâce au DVD sorti en octobre 2025.


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