Arborescence

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«Pour qui prête l’oreille, laisse traîner son regard, affûte sa propre sensibilité envers ces êtres du vivant qui agissent, parlent, imaginent et font imaginer», de nouvelles voix et de nouvelles manières d’évoquer les écosystèmes surgissent en Occident.» Plus particulièrement en Suisse romande, «terreau plutôt favorable aux motifs écospirituels». C’est ce que montre Alexandre Grandjean, chercheur à l’Institut de sciences sociales des religions de l’Université de Lausanne, dans un petit livre passionnant: Arborescence – Les voix de l’écologie spirituelle (Hélice Hélas, 2022).

Fruit de plusieurs années d’observation ethnographique notamment en Suisse romande, cet ouvrage présente de manière vivante et originale l’émergence, dans les «espaces publics, médiatiques et intimes», d’une «scène foisonnante liant religion, spiritualité et écologie». On y trouve notamment des vignerons pratiquant la biodynamie, mais aussi des lieux de réflexion et d’expérimentation comme le Laboratoire de transition intérieure, créé en 2016 par Michel Maxime Egger et porté par deux ONG suisses (Entraide Protestante Suisse et Action de Carême).

Dans un bruissement de plus en plus audible, ces voix se tissent, se font écho, composent une polyphonie et participent à l’essor d’une «canopée» dans les cimes de la grande forêt de l’écologie. Là, «des univers se décloisonnent, de nouvelles alliances se forment et des publics nouveaux se lient». «Notion-liane» et polysémique, l’écospiritualité est non seulement un espace de reliance profonde au Vivant pour mieux en prendre soin, mais aussi un «déclencheur et un vecteur de changement politique», «un outil ou une composante importante d’un nouvel ethos écologique encore en devenir».

Autrement dit, «des motifs subtils sur l’enchantement et les échos du Vivant, sur l’engagement de soi, l’importance de constituer de nouveaux récits et imaginaires, tout cela participe à façonner de nouvelles lignes de coalition». La dimension spirituelle permet de verticaliser des approches écologiques horizontales et d’offrir «un ensemble de valeurs et de perspectives capables de renouveler les scènes militantes vieillissantes».

Le livre peut être téléchargé sur un site dédié de l’Université de Lausanne, où figurent une présentation du projet de recherche mené par Irene Becci, Christophe Monnot et Alexandre Grandjean. On y trouve également trois podcasts, réalisés par Julie Henoch à partir d’enregistrements et de matériels anthropologiques, pour s’immerger dans la diversité des voix écospirituelles en Suisse romande. Le troisième notamment est consacré à la spiritualisation de l’écologie, avec en point de mire la figure de la personne «méditante-militante».

Arborescence – Les voix de l’écologie spirituelle (Hélice Hélas, 2022).

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Il faut se révolter contre le rôle qui nous est assigné, où nous ne sommes plus qu'une pièce d'une gigantesque machine lancée dans une direction inconnue; il faut retrouver le sens de la responsabilité à l'égard du monde.
— Vaclav Havel

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